Skip to main content
Mathilde  VILLETTE
  • Laboratoire archéologie et histoire Merlat (LAHM, UMR 6566)
    Bât.A, salle A118
    Place du recteur Henri Le Moal
    CS 24307
    35043 Rennes cedex
    France
Download (.pdf)
La publication des actes du colloque international Archéologie des espaces artisanaux. Fouiller et comprendre les gestes des potiers (Rennes, 27-28 novembre 2014) a pour objectif de réunir une série de contributions scientifiques portant... more
La publication des actes du colloque international Archéologie des espaces artisanaux. Fouiller et comprendre les gestes des potiers (Rennes, 27-28 novembre 2014) a pour objectif de réunir une série de contributions scientifiques portant sur les problématiques et les méthodologies de la fouille des espaces de production de le céramique. Elle s'inscrit en continuité des colloques organisés par le laboratoire LAHM (Université Rennes 2, UMR 6566) dans un cadre épistémologique abordant les méthodologies de la recherche archéologique : La céramique dans les contextes rituels. Fouiller et comprendre les gestes des Anciens (dir. M. Denti et M. Tuffreau-Libre, PUR 2013) et La céramique dans les espaces archéologiques « mixtes » autour de la Méditerranée antique (dir. M. Denti et C. Bellamy, PUR 2016). La compréhension des modes de production et de l'organisation des espaces de la production artisanale dans les sociétés antiques représente l'une des problématiques au coeur de la recherche archéologique actuelle. La nature particulièrement fragile de ce type de vestiges (fours, portions de fours, plans de piétinement et de travail, fosses d'extraction de l'argile, bassins de dépuration, rejets de cuisson, instruments lithiques et osseux) invite à nous interroger sur les méthodes à employer pour essayer de restituer les gestes, les intentions et le savoir-faire des potiers. La situation qui caractérise actuellement cet horizon de la recherche nous montre que des méthodes ponctuelles, des protocoles spécifiques, une logique « scientifique » propre au traitement de ces contextes et de ce type de mobi-lier, en réalité, n'existent pas. La question centrale a été donc celle de discuter et de comparer les manières à travers lesquelles nous abordons les opérations de fouille de ces contextes et, avant même, la manière à travers laquelle nous pensons les objets et les structures que nous y rencontrons. Ce colloque a voulu poser les bases d'une réflexion autour des méthodes propres aux investigations archéologiques actuellement menées sur les espaces de production de la céramique, en embrassant une chronologie allant de l'âge du Fer à la période romaine et un espace géographique comprenant la Méditerranée et l'Europe atlantique. Mario Denti, dans l'introduction, fait un état des problématiques sur le plan heuristique et méthodologique. Francine Blondé, dans les conclusions, trace les lignes du chemin parcouru et discute les perspectives de recherche qui s'offrent devant nous. M A M Hors-série n°9-2019 Publication de l'UMR 5140 du CNRS « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » Labex ARCHIMEDE-Programme IA
Download (.pdf)
This doctoral thesis deals with the sites and different stages of ceramic production in the Gulf of Taranto between the 8th and 6th centuries B.C. We propose an integrated analysis of the archaeological remains of workshops.The historical... more
This doctoral thesis deals with the sites and different stages of ceramic production in the Gulf of Taranto between the 8th and 6th centuries B.C. We propose an integrated analysis of the archaeological remains of workshops.The historical framework of this work relates to the « precolonial » phenomenon, which can exhibit possible changes inpottery craft at the time of the arrival of Greek groups on the southern coasts of Italy. Furthermore, we propose a model forthe spatial dynamics of production within this specific geographical framework during the Iron Age.This research focus on the important pottery workshop excavated in the Incoronata site, which is associated with multipleoccupations that cover two centuries of occupation (8th-7th B.C.), with a first Oinotrian phase and a second « mixed »Greco-indigenous cultural phase.This work represents a complete documentation of the site, including archaeological features and the associated artefacts,which is part the thorough methodology used to investigate craft spaces from both Iron Age and archaic period. We thereforepropose a spatial analysis of pottery production involving the reconstruction of topographical and functional aspects ofworkshop organization as well as technical characteristic that are part of the process of pottery production. Eventually, weconsider the mobility of craftsmen along the Ionian coast of southern Italy and advocate for new interpretations of culturalcontacts between indigenous natives and Greeks in the region.

Cette thèse doctorale porte sur les lieux et les processus de fabrication de la céramique dans le Golfe de Tarente entre les VIIIe et VIe av. J.-C. Le sujet a été abordé par une analyse archéologique des vestiges des installations actuellementconnues. L’enquête prend pour cadre historique le phénomène « précolonial », au sein duquel il est possible d'évaluer les éventuels changements opérés dans l'artisanat potier au moment de l'arrivée de groupes grecs sur les côtes méridionales de l'Italie. Le cadre géographique choisi permet de proposer un modèle de fonctionnement des espaces productifs à l’âge du Fer.Dans ce contexte, le site de l'Incoronata trouve une place particulière en raison de l'important atelier de potiers qui y a étémis au jour, et qui couvre chronologiquement deux siècles d’occupation du site (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.), caractérisé parune première phase oenôtre suivie d'une seconde à caractère « mixte », gréco-indigène.Ce travail reprend la documentation complète d'un site archéologique pour exposer une véritable méthodologie d'investigation des espaces artisanaux de l'âge du Fer et de l'époque archaïque, depuis les fouilles anciennes jusqu'à l'analyse contextuelle minutieuse des structures et de l'ensemble de leur mobilier. Ces deux derniers aspects ont toujours été considérés de manière indissociable. Cette analyse fine, à laquelle participent des méthodologies empruntées à d'autres champs disciplinaires – dont le protocole d'étude a parfois été « réinventé » –, permet de proposer une reconstitution de l'organisation topographique et fonctionnelle des ateliers et de restituer le processus de fabrication de la poterie. Elle suggère, en outre, une lecture partiellement nouvelle des modalités de contacts entre indigènes et Grecs le long de la côte ionienne de l'Italie du Sud, notamment à travers l’emploi de la notion de la circulation des artisans.
Research Interests:
Télécharger l'article en PDF sur https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01882157 --> Incoronata is a major site of the Mediterranean Iron Age, characterized in the 7th century BC by the coexistence of Greek and indigenous... more
Télécharger l'article en PDF sur https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01882157
--> Incoronata is a major site of the Mediterranean Iron Age, characterized in the 7th century BC by the coexistence of Greek and indigenous communities. This coexistence is developed in terms of ceramic production as well as in ritual customs. This ongoing contact and the craft collaboration, recently recognized on a site which was previously characterized by a strong dichotomy between Greek and indigenous components, have to be explored under different prisms in order to reflect the terms of interaction. The aim of this work, along with a historiographical and critical review of the previous researches, is to produce innovative study protocols, including the study of both the artefacts and the production features thanks to an interdisciplinary approach: traditional typochronology, archaeometric analysis of materials and structures, ethno-archaeological contributions...
La publication des actes du colloque international Archéologie des espaces artisanaux. Fouiller et comprendre les gestes des potiers (Rennes, 27-28 novembre 2014) a pour objectif de réunir une série de contributions scientifiques portant... more
La publication des actes du colloque international Archéologie des espaces artisanaux. Fouiller et comprendre les gestes des potiers (Rennes, 27-28 novembre 2014) a pour objectif de réunir une série de contributions scientifiques portant sur les problématiques et les méthodologies de la fouille des espaces de production de le céramique. Elle s'inscrit en continuité des colloques organisés par le laboratoire LAHM (Université Rennes 2, UMR 6566) dans un cadre épistémologique abordant les méthodologies de la recherche archéologique : La céramique dans les contextes rituels. Fouiller et comprendre les gestes des Anciens (dir. M. Denti et M. Tuffreau-Libre, PUR 2013) et La céramique dans les espaces archéologiques « mixtes » autour de la Méditerranée antique (dir. M. Denti et C. Bellamy, PUR 2016). La compréhension des modes de production et de l'organisation des espaces de la production artisanale dans les sociétés antiques représente l'une des problématiques au coeur de la recherche archéologique actuelle. La nature particulièrement fragile de ce type de vestiges (fours, portions de fours, plans de piétinement et de travail, fosses d'extraction de l'argile, bassins de dépuration, rejets de cuisson, instruments lithiques et osseux) invite à nous interroger sur les méthodes à employer pour essayer de restituer les gestes, les intentions et le savoir-faire des potiers. La situation qui caractérise actuellement cet horizon de la recherche nous montre que des méthodes ponctuelles, des protocoles spécifiques, une logique « scientifique » propre au traitement de ces contextes et de ce type de mobilier, en réalité, n'existent pas. La question centrale a été donc celle de discuter et de comparer les manières à travers lesquelles nous abordons les opérations de fouille de ces contextes et, avant même, la manière à travers laquelle nous pensons les objets et les structures que nous y rencontrons. Ce colloque a voulu poser les bases d'une réflexion autour des méthodes propres aux investigations archéologiques actuellement menées sur les espaces de production de la céramique, en embrassant une chronologie allant de l'âge du Fer à la période romaine et un espace géographique comprenant la Méditerranée et l'Europe atlantique. Mario Denti, dans l'introduction, fait un état des problématiques sur le plan heuristique et méthodologique. Francine Blondé, dans les conclusions, trace les lignes du chemin parcouru et discute les perspectives de recherche qui s'offrent devant nous.

M A M Hors-série n°9-2019 Publication de l'UMR 5140 du CNRS « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » Labex ARCHIMEDE-Programme IA
Download (.pdf)
Download (.pdf)
""La colline alluviale de l’Incoronata, dans la région de la Basilicate, se situe à quelques kilomètres de la ligne côtière du golfe de Tarente et de la colonie grecque de Métaponte. Le site est occupé aux VIIIe et VIIe siècles avant... more
""La colline alluviale de l’Incoronata, dans la région de la Basilicate, se situe à quelques kilomètres de la ligne côtière du golfe de  Tarente et de la colonie grecque de Métaponte. Le site est occupé aux VIIIe et VIIe siècles avant J.-C. par une communauté oenôtre de l’âge du fer, les Chônes. À partir de la fin du VIIIe siècle avant J.-C., une communauté grecque provenant de la mer Égée s’installe sur la colline, comme le montre la découverte d’un espace de production de céramique à caractère mixte, découvert dans la partie occidentale du plateau de l’Incoronata, où des céramiques indigènes et grecques sont produites tout au long du VIIe siècle. Le site sera abandonné à la fin de ce siècle."
Download (.doc)
L'artisanat céramique de l'âge du Fer, en Italie du Sud, a été – et est encore – appréhendé principalement à partir de son produit fini, à la recherche d'ateliers théoriques qui l'ont produit. L'étude de ces contextes productifs permet... more
L'artisanat céramique de l'âge du Fer, en Italie du Sud, a été – et est encore – appréhendé principalement à partir de son produit fini, à la recherche d'ateliers théoriques qui l'ont produit.
L'étude de ces contextes productifs permet pourtant de mieux comprendre les choix techniques ou culturels des sociétés et d'évaluer la nature des sites dans lesquels ils s'implantent. En contexte pré-colonial, l'examen de ces établissements apporte des éléments nouveaux pour interroger les modes de contacts entre indigènes et Grecs et les dynamiques de circulation des artisans potiers.
Les recherches récentes que nous avons conduites sur les espaces artisanaux du Golfe de Tarente à l'âge du Fer, et que nous présenterons dans cette communication, ont permis de comprendre l'organisation topographique et fonctionnelle des ateliers, de restituer les processus de fabrication de la poterie et de proposer une nouvelle clé de lecture des rapports entre les deux communautés d'artisans en évaluant, entre les VIIIe et VIIe s. av. J.-C., les éventuels changements dans l'utilisation de l'atelier à l'arrivée de la composante grecque, en rétablissant le poids réel de l'artisanat indigène, ainsi que le rôle de la circulation des artisans grecs le long de la côte ionienne.
Pour parvenir à ces résultats et à l'identification même des ateliers de potier, toute la méthodologie d'investigation archéologique de ces espaces a du être reconsidérée en ayant recours à certains outils d'analyse empruntés à d'autres champs disciplinaires dont l'emploi a été ici « réinventé » pour s'appliquer directement à l'étude des contextes artisanaux.
Research Interests:
Download (.pdf)
Les structures de cuisson dédiées à la fabrication de la poterie de l'âge du Fer, en Italie méridionale, demeurent très mal connues. Une exception à ce constat est le site de l'Incoronata qui a livré les témoignages d'un atelier de... more
Les structures de cuisson dédiées à la fabrication de la  poterie de l'âge du Fer, en Italie méridionale, demeurent très mal connues. Une exception à ce constat est le site de l'Incoronata qui a  livré les témoignages d'un atelier de potiers actif à partir du milieu du VIIIe av. J.-C. et au VIIe s. av. J.-C., à un moment où un groupe allogène en provenance de l’Égée vient s'installer auprès de la communauté indigène.
Les vestiges des structures de cuisson appartenant à cet atelier consistent en des plans rubéfiés très arasés et en des fragments de four trouvés en rejet, à proximité de ces derniers. Le mauvais état de conservation des structures soulève de nombreuses interrogations sur leur organisation et leur restitution, alors que les pratiques artisanales de cuisson de la poterie ont pu éventuellement être modifiées durant cette période d'interaction entre les deux communautés.
Pour tenter de répondre à ces problématiques, un protocole faisant appel à l'archéomagnétisme a été mis en place et sera présenté dans cette communication. Les résultats de cette méthode autorise des propositions de restitution des superstructures de cuisson et permettent d'évaluer les changements dans les pratiques de cuisson de la poterie avec l'arrivée de la composante grecque sur le site.
Research Interests:
Download (.pdf)
Download (.pdf)
L’Incoronata (Italie) est un site majeur de l’âge du Fer sud-italien et méditerranéen. Caractérisé d’abord par une occupation exclusivement indigène au VIIIe siècle av. J.-C., marquée par des aménagements remarquables, de riches... more
L’Incoronata (Italie) est un site majeur de l’âge du Fer sud-italien et méditerranéen. Caractérisé d’abord par une occupation exclusivement indigène au VIIIe siècle av. J.-C., marquée par des aménagements remarquables, de riches nécropoles et une production céramique notable in loco. C’est ce contexte particulier qui voit l’arrivée de migrants égéens dès le début du VIIe siècle av. J.-C. sur l’une des collines de l’Incoronata. Cette installation détermine une phase de coexistence entre Grecs et indigènes, se manifestant dans la production céramique et ses structures associées, ainsi que dans la sphère rituelle.

Ce contact continu et cette collaboration sur le plan artisanal, assez récemment reconnus sur un site auparavant caractérisé dans les recherches précédentes par une forte dichotomie entre les composantes grecques et indigènes, méritent d’être explorés sous différents prismes, capables de rendre plus compréhensibles les modalités des interactions vécues.

Ainsi, une relecture historiographique critique des précédentes recherches s’est avérée nécessaire afin de mieux appréhender les perspectives d’étude de ce phénomène. La céramique constituant le principal témoin archéologique, il est important d’envisager son étude sous des aspects divers, par le biais donc de la multidisciplinarité. Ont ainsi été mises à contribution et croisées des études classiques basées sur la classification typo-chronologique et la technologie, des analyses physico-chimiques sur le matériau céramique et des analyses archéomagnétiques sur les structures de production, ainsi que la mise à profit des analogies tirées de l’anthropologie et de l’ethnologie.

La convergence de ces domaines d’études, complémentaires, permettent d’offrir une lecture plus précise des relations entre Grecs et indigènes entre VIIIe et VIIe siècles av. J.-C., plus seulement dans une optique helléno-centriste, mais dans le cadre plus large des relations internationales mises en place autour du monde méditerranéen, entre deux « champs chronologiques » a priori distincts que sont la Protohistoire et le début de la période archaïque, et qui s’interceptent ici, s’annulant presque pour offrir la place à un nouveau champ épistémologique.
Comment face à certains tessons problématiques, distinguer un produit grec d’un produit indigène ? est-ce toujours pertinent de les différencier ? comment nos mesures archéométriques seront en mesure de conforter – ou non – de telles... more
Comment face à certains tessons problématiques, distinguer un produit grec d’un produit indigène ? est-ce toujours pertinent de les différencier ? comment nos mesures archéométriques seront en mesure de conforter – ou non – de telles différenciations ? comment les données ethnographiques peuvent-elles nous aider à mieux comprendre la gestion des structures et des espaces dans une zone de production céramique « mixte », où deux entités culturelles différentes travaillent conjointement ?
Grâce à l’exceptionnelle quantité de céramique mise au jour sur la colline de l’Incoronata, appartenant à deux faciès culturels bien définis, ce site constitue un laboratoire privilégié à la fois pour la compréhension des contacts grecs-indigènes en Italie méridionale et plus largement dans l’objectif de s’interroger sur la méthodologie céramologique et typologique à employer dans certains cas particuliers.
L’Incoronata (Basilicate, Italie du Sud) est un site fondamental où des relations se mettent en place entre les indigènes (Oenôtres) du sud de l’Italie et les premiers migrants en provenance de l’Egée, entre VIIIe et VIIe siècle av. J.-C.... more
L’Incoronata (Basilicate, Italie du Sud) est un site fondamental où des relations se mettent en place entre les indigènes (Oenôtres) du sud de l’Italie et les premiers migrants en provenance de l’Egée, entre VIIIe et VIIe siècle av. J.-C. On sait désormais que cette colline abrita une importante zone artisanale au moins dans la première moitié du VIIe siècle av. J.-C., où fut produite localement dans le même espace et dans le même temps une quantité extraordinaire de vases indigènes et grecs.
Les structures de production et les zones de rejets de cuisson que nous fouillons sont caractérisées par l’association dans de mêmes contextes stratigraphiques de céramique indigène et de céramique de production grecque locale ; parfois, l’attribution à l’un ou l’autre faciès nous est impossible, ou du moins non pertinent.
Sur la base de la documentation archéologique, il est possible d’observer un travail conjoint entre les artisans grecs et indigènes, de façon contemporaine dans un même lieu, peut-être en partageant des outils, des structures, des espaces, des savoirs.
Dans ce cadre, comment reconnaître ce qui tient d’une production spécifique ou d’une production commune ?
A travers un aperçu critique des différentes classes de matériel (impasto, indigène décorée, achrome, grecque locale), nous tenterons d’aborder divers questionnements, et sous différents prismes, autant méthodologiques, typologiques, archéométriques, et ethnographiques. Parmi ces questionnements :
Comment face à certains tessons problématiques, distinguer un produit grec d’un produit indigène ? est-ce toujours pertinent de les différencier ? comment nos mesures archéométriques seront en mesure de conforter – ou non – de telles différenciations ? comment les données ethnographiques peuvent-elles nous aider à mieux comprendre la gestion des structures et des espaces dans une zone de production céramique « mixte », où deux entités culturelles différentes travaillent conjointement ?
Grâce à l’exceptionnelle quantité de céramique mise au jour sur la colline de l’Incoronata, appartenant à deux faciès culturels bien définis, ce site constitue un laboratoire privilégié à la fois pour la compréhension des contacts grecs-indigènes en Italie méridionale et plus largement dans l’objectif de s’interroger sur la méthodologie céramologique et typologique à employer dans certains cas particuliers.
Les ateliers de potier de toute période confondue découverts en Grande-Grèce, en particulier le long de la côte ionienne, ont fait l’objet de plusieurs études et publications centrées presque exclusivement sur les traces et les restes de... more
Les ateliers de potier de toute période confondue découverts en Grande-Grèce, en particulier le long de la côte ionienne, ont fait l’objet de plusieurs études et publications centrées presque exclusivement sur les traces et les restes de fours retrouvés in situ, leur forme et leur production plus artistique que technique. A l’inverse, nous connaissons très peu de l’artisanat potier indigène, précédent à l’arrivée des Grecs en Italie du Sud et encore moins des contacts grecs/indigènes à travers la production de la céramique aux époques proto-archaïque et archaïque. De même, les musées et dépôts de fouilles d’Italie méridionale regorgent de vases produits localement, datables des VIIIe-VIIe s. av. J.-C. tandis que demeurent toujours de nombreuses interrogations concernant les structures qui les produisaient : quelles étaient leur forme ? quelles étaient les structures intervenant à tous les niveaux de la fabrication des vases ? comment étaient-elles organisées ? où se situaient-elles ? quel type de céramique était produit et comment ?  qui produisait la céramique indigène ou grecque ? quels étaient les outils utilisés ? Avec l’exemple de l’espace artisanal du VIIe s av. J.-C. mis au jour à l’Incoronata par la mission archéologique de l’université de Rennes 2, nous tenteront de donner une image d’un atelier de potier du VIIe s. av. J.-C. où se rencontrent Grecs et Indigènes et de répondre à quelques-uns de ces interrogations en analysant les différentes structures et le matériel découvert dans la partie occidentale de la colline de l’Incoronata, mis en perspective avec d’autres sites de l’Italie méridionale et d’ailleurs.
Dans le cadre global des problématiques concernant l’arrivée des premiers grecs en Italie du sud à partir du VIIIe s. av. J.-C., et des contacts entrenus avec les indigènes de l’âge du Fer, une étude sur les espaces artisanaux de... more
Dans le cadre global des problématiques concernant l’arrivée des premiers grecs en Italie du sud à partir du VIIIe s. av. J.-C., et des contacts entrenus avec les indigènes de l’âge du Fer, une étude sur les espaces artisanaux de production de la céramique permet de soulever quelques questionnements : quels sont les rapports et les échanges techniques et artisanaux entre communautés indigènes et grecques ? Quel est le protocole de fabrication de la céramique ? Où sont situées les zones artisanales ? Comment sont-elles organisées ? Quelle est la destination de la production ? Qui réalise la céramique grecque ?
Pour tenter de répondre à ces problématiques, le choix a été fait de centrer notre propos autour de la mer ionienne où les études sont souvent inédites et permettent une approche culturelle cohérente, en s’accrochant aux espaces artisanaux déjà publiés, en Basilicate, dans les Pouilles, en Calabre et en Sicile, voire même en Etrurie méridionale.
D’un point de vue méthodologique, on s’appuie sur une étude archéologique contextuelle des différents sites afin de mettre en évidence toutes les composantes relatives à un atelier de potier. On se fonde également sur une étude céramologique et on fait appel à l’archéométrie afin de caractériser la production et de mettre en évidence la circulation de la céramique.
Le site de l’Incoronata, sera présenté plus en détail puisqu’il permet d’appréhender dans son ensemble le fonctionnement d’un espace artisanal au VIIe s. av. J.-C. et dans lequel a pu être mis en évidence une activité mixte (Oenôtre et Grecque) dans la production de la céramique. Seront aussi présentés brièvement quelques autres sites pour lesquels des traces de production de la céramique ont pu être révélées entre le VIIIe et le VIe s. av. J.-C dans la zone géographique concernée.
Ces diverses confrontations permettront de nous interroger sur la forme de ces ateliers et de comprendre les modalités de production de la céramique à une période charnière entre monde indigène de l’âge du Fer et l’arrivée des premières communautés grecques en Italie du Sud.
Download (.pdf)
Recent excavations and researches in the site of Incoronata, Southern Italy, have revealed the presence of structures related to ceramic production during the VIIth century BC. The pottery from Incoronata, in particular Greek pottery... more
Recent excavations and researches in the site of Incoronata, Southern Italy, have revealed the presence of structures related to ceramic production during the VIIth century BC. The pottery from Incoronata, in particular Greek pottery so-called colonial, was already well-known and well studied, in regards with the rich historiography on the subject. But the latest findings in Incoronata allowed us to clarify and complicate the problem, e.g. in the identification of indigenous pottery production at the same time, and more especially the recognition, on the field, of the geminate activity of this craft area, mainly with the great number of “rejets de cuisson” of Greek and Indigenous pottery in the same stratigraphical contexts.
These archaeological realities have naturally led us to ask questions: Greek people and Indigenous people did they work together, joinly, on this hill? Indigenous craftspeople have they made Greek vases, and vice versa; how can it be seen on the vase? Did they use the same production structures, or did they have different spaces? In addition to the data already collected, can we expect to recognize in the archaeological record some elements capable to discriminate the Indigenous production from the Greek one, or either recognize the identity of the craftsmen?
We see that for such a complex and recent issue, there might be more questions than answers. However, we shall attempt to present and contextualize the archaeological data from the Incoronata, from production structures to finished products, but also the data available in this region in particular, and the Mediterranean VIIth century in general.
Download (.pdf)
poster_craft_people-web.pdf
cp-abstract-book-291012.pdf
La colline de l’Incoronata se situe non loin de la ligne côtière du Golfe de Tarente (Basilicate, Italie). Le site - en cours de fouille par la mission de l'Université de Rennes 2 - a fourni une quantité impressionnante de céramiques... more
La colline de l’Incoronata se situe non loin de la ligne côtière du Golfe de Tarente (Basilicate, Italie). Le site - en cours de fouille par la mission de l'Université de Rennes 2 - a fourni une quantité impressionnante de céramiques relatives à différentes phases d’occupation, s’étendant du VIIIe s. av. J.-C. au IIe s. av. J.-C. Il s’agit de céramiques de l'âge du Fer de production indigène et de céramiques grecques fabriquées sur place ou importées. Dans la zone occidentale du plateau a été mis au jour un vaste espace artisanal de production de céramique comprenant une carrière d’extraction d’argile, des bassins pour la décantation d’argile (avec l’argile retrouvée dans le fond) et la présence de déchets de cuisson, de rejets de parois de fours et de structures de combustion en place (fond de four).
Des analyses archéomagnétiques ont été pratiquées en septembre 2011 sur le fond des fours retrouvés en place. Les résultats attendus au printemps 2012 permettront d’affiner la courbe locale de variation séculaire du champs magnétique ancien en créant ainsi un référentiel de datation, grâce à l’étude conjointe de la céramique permettant une datation précise de ce contexte. Réciproquement, les résultats archéomagnétiques constitueront une référence, en matière de datation mais aussi de positionnement dans l’espace, d’autres éléments en terre cuite du site, comme les parois de fours et les briques.
D’autre part, les rejets de cuisson vont faire l’objet d’analyses pétrographiques, chimiques et physiques, en collaboration avec une archéomètre du CNR de Potenza, à partir de Janvier 2012. L’objectif de ce programme est de réaliser une vaste base de donnée régionale sur la  caractérisation des argiles en Basilicate. Le site de l’Incoronata, avec son officine et ses rejets de cuisson indigènes et grecs, bien étudiés dans leur contexte, constituera alors un référentiel exceptionnel. L’ambition de ce projet est de pouvoir comprendre la diffusion des céramiques, des ateliers aux sites alentours et aussi de pouvoir répondre de manière plus précise à la question de la fabrication de céramique grecque sur place ou importée.
Download (.pdf)
Le site de l'Incoronata (Basilicate, Italie) se situe sur une basse colline alluviale en bordure du fleuve Basento. Fouillé depuis les années 1970 de la part de la Surintendance puis des Universités de Milan et du Texas jusque dans les... more
Le site de l'Incoronata (Basilicate, Italie) se situe sur une basse colline alluviale en bordure du fleuve Basento. Fouillé depuis les années 1970 de la part de la Surintendance puis des Universités de Milan et du Texas jusque dans les années 90, les investigations archéologiques ont repris depuis 2002 de la part de l'Université de Rennes sous la direction de Mario Denti.

Elles concernent essentiellement deux secteurs (1 et 4, fig. 1), situés dans la partie occidentale de la colline, ayant mis en évidence une occupation indigène au VIIIe siècle av. J.-C. caractérisée par la réalisation d'une série de terrasses aménagées de qualité exceptionnelle, puis par l'arrivée d’un groupe grec en provenance de l’Égée dès de la fin de ce siècle.

S'ensuit une phase de coexistence entre les deux communautés tout au long du VIIe siècle av. J.-C. Un atelier de potier actif au VIIe s. av. J.-C. a été mis au jour dans les secteurs 1 et 4 fouillés par l'Université Rennes 2. Il est composé d'une probable carrière d'extraction de l'argile, de fosses de travail de l'argile, de structures de cuisson et de dépotoirs de ratés de cuisson, comprenant ensemble des productions grecques et indigènes (fig. 2). Les investigations sur l’organisation de cet espace artisanal mixte et l’étude des mobiliers associés permettent de mieux comprendre dorénavant les modalités d’interaction entre les différentes communautés en présence.

Ces interactions se déclinent également dans la sphère rituelle, sous forme de dépositions organisées d’objets volontairement brisés et enfouis. Ces dépôts de la fin du VIIe ou début du VIe siècle av. J.-C. (fig. 3), associés à la phase d’abandon de cette partie du site, sont majoritairement caractérisés par la culture matérielle grecque, mais associent régulièrement – mais pas systématiquement – des vases de facture indigène, jusqu’à parfois former des assemblages fonctionnels « mixtes » (fig. 4).

Ces problématiques nodales, issues de la convergence de quatre recherches doctorales en cours, et caractéristiques dans cette région d’un horizon qualifié de proto-colonial, permettront de jeter un regard renouvelé sur les complexes relations mises en place dans la période pré-lucanienne.
Download (.pdf)
Recent excavations and researches in the site of Incoronata, Southern Italy, have revealed the presence of structures related to ceramic production during the VIIth century BC. The pottery from Incoronata, in particular Greek pottery... more
Recent excavations and researches in the site of Incoronata, Southern Italy, have revealed the presence of structures related to ceramic production during the VIIth century BC. The pottery from Incoronata, in particular Greek pottery so-called colonial, was already well-known and well studied, in regards with the rich historiography on the subject. But the latest findings in Incoronata allowed us to clarify and complicate the problem, e.g. in the identification of indigenous pottery production at the same time, and more especially the recognition, on the field, of the geminate activity of this craft area, mainly with the great number of “rejets de cuisson” of Greek and Indigenous pottery in the same stratigraphical contexts.
From these realities, theoretical questions emerge: did Greek people and Indigenous people work together, jointly, on this hill? Have Indigenous craftspeople made Greek vases, and the other way around, how can it be seen on the vase? Did they use the same production structures, or did they use different spaces? In addition to the data already collected, can we expect to recognize in the archaeological records some elements capable to discriminate the Indigenous production from the Greek one, and even to recognize the identity of the craftsmen?
We see that for such a complex and recent issue, there might be more questions than answers. However, we shall attempt to present and contextualize the archaeological data from the Incoronata, from production structures to finished products, but also the data available in this region in particular, and the Mediterranean VIIth century in general.
Download (.pdf)
Download (.pdf)
Research Interests:
Download (.pdf)