L’Incoronata (Basilicate, Italie du Sud) est un site fondamental où des relations se mettent en place entre les indigènes (Oenôtres) du sud de l’Italie et les premiers migrants en provenance de l’Egée, entre VIIIe et VIIe siècle av. J.-C....
moreL’Incoronata (Basilicate, Italie du Sud) est un site fondamental où des relations se mettent en place entre les indigènes (Oenôtres) du sud de l’Italie et les premiers migrants en provenance de l’Egée, entre VIIIe et VIIe siècle av. J.-C. On sait désormais que cette colline abrita une importante zone artisanale au moins dans la première moitié du VIIe siècle av. J.-C., où fut produite localement dans le même espace et dans le même temps une quantité extraordinaire de vases indigènes et grecs.
Les structures de production et les zones de rejets de cuisson que nous fouillons sont caractérisées par l’association dans de mêmes contextes stratigraphiques de céramique indigène et de céramique de production grecque locale ; parfois, l’attribution à l’un ou l’autre faciès nous est impossible, ou du moins non pertinent.
Sur la base de la documentation archéologique, il est possible d’observer un travail conjoint entre les artisans grecs et indigènes, de façon contemporaine dans un même lieu, peut-être en partageant des outils, des structures, des espaces, des savoirs.
Dans ce cadre, comment reconnaître ce qui tient d’une production spécifique ou d’une production commune ?
A travers un aperçu critique des différentes classes de matériel (impasto, indigène décorée, achrome, grecque locale), nous tenterons d’aborder divers questionnements, et sous différents prismes, autant méthodologiques, typologiques, archéométriques, et ethnographiques. Parmi ces questionnements :
Comment face à certains tessons problématiques, distinguer un produit grec d’un produit indigène ? est-ce toujours pertinent de les différencier ? comment nos mesures archéométriques seront en mesure de conforter – ou non – de telles différenciations ? comment les données ethnographiques peuvent-elles nous aider à mieux comprendre la gestion des structures et des espaces dans une zone de production céramique « mixte », où deux entités culturelles différentes travaillent conjointement ?
Grâce à l’exceptionnelle quantité de céramique mise au jour sur la colline de l’Incoronata, appartenant à deux faciès culturels bien définis, ce site constitue un laboratoire privilégié à la fois pour la compréhension des contacts grecs-indigènes en Italie méridionale et plus largement dans l’objectif de s’interroger sur la méthodologie céramologique et typologique à employer dans certains cas particuliers.